La Commune

Présentation

 

Par Jean-Jacques THIERCELIN (2016)

UN PEU D'HISTOIRE

Thiouville (Teovilla) est à l'époque carolingienne, le domaine de Théodulf (ou Théodonis), nom d'origine germanique. En 1096, le seigneur de Thiouville accompagne le duc de Normandie à la première croisade. En 1207, le seigneur Lucas donne le patronage de l'église et les dîmes qui vont avec, aux chanoines de la cathédrale de Rouen.

Guillaume d'Herbouville accompagne le comte de Tancarville dont il est le vassal, à la septième croisade menée par saint Louis, vers 1250. Les Herbouville, cadets des Mortemer qui furent à Hastings avec Guillaume le Conquérant, seront seigneurs de Thiouville, pendant plusieurs siècles. C'est Charles d'Herbouville qui fait rebâtir le choeur de l'église au début du XVIème siècle en y ajoutant un oratoire seigneurial sans l'autorisation des chanoines (cet oratoire faillit être démoli à leur demande en 1532). Après le fils de Charles, la seigneurie est transmise en ligne féminine, jusque aux du Sart, au XVIIIème siècle, mais le dernier Herbouville, en ligne masculine, est célèbre. Aristocrate libéral, Charles-Fortuné, marquis d'Herbouville, fut le premier président élu du département de la Seine-Inférieure, à la création des départements, au début de la Révolution.

Thiouville s'est appelée « Thiouville-la-Renard » jusqu'en 1790, sans doute à cause d'un seigneur Regnard, mais qui n'est pas clairement identifié.

Pendant la Révolution, Jean Bucaille « laboureur », ancien syndic de la paroisse, qui fit construire le clocher vers 1785, est sauvagement assassiné (avec Bréard, un autre « laboureur ») pour être resté fidèle à sa foi et avoir refusé d'assister à une messe dite par un prêtre ayant prêté serment à la Constitution civile du Clergé. Voir « Jean Bucaille », par l'abbé G. Gréverend. Editions Bossuet, Paris 1930.

Thiouville paie un lourd tribut, lors de la guerre de 14/18, avec vingt-sept de ses enfants « Morts pour la France ». Un monument, à leur mémoire, est érigé en 1921, à l'initiative du maire Auguste Bréant et de l'abbé Pigeon, ancien combattant et curé de la paroisse.

L'EGLISE SAINT VAAST

Saint Vaast fut évêque d'Arras et évangélisateur du littoral normand. Choeur et ancien oratoire seigneurial en pierre blanche, d'époque Renaissance. Nef du XVIIème siècle mais presque entièrement rebâtie au XVIIIème (brique et silex). Transept ajouté en 1877. Grand retable d'époque Louis XIV, avec une copie d'époque d'un May de Charles Le Brun, de 1651, qui est à Notre-Dame de Paris : « La lapidation de saint Etienne ». Pierre funéraire de Marie de Dampierre, épouse de Charles d'Herbouville (1553), dans l'oratoire devenu chapelle Notre-Dame de Pitié, en hommage aux soldats de 14/18 (pierre classée M.H.). Fonts baptismaux en pierre, de la Renaissance (classés M.H.). Grand vitrail du baptême de Clovis, par saint Rémi, assisté par saint Vaast (saint Vaast est représenté sous les traits du donateur, le chanoine Savoye, natif de Thiouville).

Voir la notice illustrée sur l'église (par Jean-Jacques Thiercelin, préface de Lise Auber). Notice en vente à la mairie de Thiouville, au profit des associations.

LE CHATEAU

Construction du XVIIème siècle, remaniée au XVIIIème, qui remplace un ancien édifice fortifié, décrit dans un aveu de 1640, comme un château à motte et pont-levis, avec des douves. C'était le château des seigneurs de Thiouville. Voir « Apparition des seigneuries châtelaines », de Jacques Le Maho, du CNRS.

PLUSIEURS MAISONS DE MAITRES (XVIIIème ET XIXème)

Parmi elles, l'ancienne ferme du Chouquet, demeure de Jean Bucaille (XVIIIème) et le « château » du Bout de la Ville, construit vers 1845, par Charles-Auguste Mouquet, un jeune propriétaire mort à 27 ans. Il légua ses biens à une fille de tisserands, le belle Ismérie, mais le testament fut cassé...

L'ANCIEN VILLAGE

Jusqu'au début du XXème siècle, Thiouville est resté un village d'agriculteurs et de tisserands. Il y a eu jusqu'à trois cafés, une « épicerie-café-fabrique de chandelles », un boulanger, un « cultivateur-boucher », un charron, un menuisier, un barbier, un couvreur en chaume, un batteur en grange, un « rotier » (travaillant le rotin ?), des « berquiers » (bergers), des couturières, des « aoûteux » et des journaliers... Aujourd'hui, il n'y a plus aucun commerce.

LE BLASON COMMUNAL reprend, sur champ de gueules, la fleur de lys d'or des Herbouville, surmontée d'un léopard, qui rappelle que les ancêtres des seigneurs de Thiouville furent à Hastings, avec le Conquérant.

Le Conseil Municipal


    Maire : Isabelle DUJARDIN

    Premier adjoint : DEBREE Pascal

    Deuxième adjoint : MURY Gérard